PRENDRE PART

Janvier 2019

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Céline Berthoumieux
Directrice de ZINC


Houlalalalalalalalala quel exercice que celui d’écrire un édito en janvier 2019 !

Est-il possible de se féliciter de l’année qui vient de s’écouler et du succès qui l’a accompagné ? Simplement égrener les chiffres et quelques adjectifs concernant Chroniques, la biennale des imaginaires numériques ? Et affirmer notre souhait de continuer encore mieux, encore plus ? Oui bien sûr que nous pourrions écrire tout cela. Lister aussi tout ce que nous allons produire et programmer en 19. Ça ferait déjà un bel édito !

Mais vous nous connaissez maintenant. Vous avez noté que la biennale des arts et cultures numériques qui s’est tenu sur Aix, Marseille et toute la métropole et qui continue sa vie sur la région Sud s’appelle : Imaginaires Numériques. Et pour nous ça veut dire beaucoup. Ça veut dire que nous souhaitons toujours porter un regard sur le monde en régime numérique comme il va. Breton disait : L’imaginaire est ce qui tend à devenir réel.

Et en ce début d’année c’est un peu un tourbillon. Mais comment s’extraire de ce nuage de mots dans lequel nous semblons englués et dont les plus visibles sont : crise sociale, crise écologique, crise migratoire, populisme, effondrements en tout genre… ?

Le mouvement des gilets jaunes ou la pétition « l’Affaire du siècle » ont mis Internet et le web au cœur de leur organisation. Que se soit pour s’organiser et se regrouper, pour se renseigner, se documenter ou, et ça c’est plutôt inédit, informer et communiquer.

Ces regroupements de gens s’élèvent contre un certain ordre mondial du profit qui spolie et pollue. Fin de mois, fin du monde. Or, que se soient les réseaux sociaux, les smartphones, les plateformes numériques, ces « outils » consomment une énergie insoutenable et sont développés ou produit par les GAFAM, qui se refusent à payer des impôts partout dans le monde. Profiteurs/pollueurs. 

On pourrait convoquer Bernard Stiegler, Edgar Morin, la complexité du monde, « le remède et le poison » … Car aujourd’hui c’est un peu prendre part versus prendre sa part. La bonne nouvelle, c’est que nous semblons être dans un moment ou les gens, les citoyens sont de moins en moins prêts à avaler toutes les couleuvres. Mais cette mobilisation ou cette citoyenneté doit passer par une nécessaire conscience des enjeux, des contextes. La fabrication et la circulation de la pensée sont probablement un des premiers remparts contre tous ces effondrements annoncés. 

Ce siècle a bientôt 20 ans, ce que le numérique a changé ou bouleversé n’est pas nouveau Concernant le meilleur ou le pire, des artistes, des penseu.rs.euses, des auteurs.trices, des intellectuels.lles, décryptent et donnent à comprendre.

Bonne année 2019, à leur écoute.